Joli groupe de 12 personnes autour d’Aurélien pour en apprendre encore sur les oiseaux, et pas que.

Météo clémente. Plafond assez haut ce qui permettra aux migrateurs de passer un peu « en dehors de notre portée », ainsi vont les choses.

Thème du jour :  la migration. Pourquoi les oiseaux migrent-ils? Connaissez-vous d’autres animaux qui migrent aussi?

Certaines espèces migrent en déplacements saisonniers comme les gnous en Afrique, les rennes en Sibérie, Alaska ou dans le nord de l’Europe. Il y a aussi les grands voyages des baleines, ou encore, les remontées des anguilles, des saumons ou des truites jusqu’à leurs sites de reproduction. Ces espèces migrent car là où elles vivent la majorité du temps, elles ne trouvent pas de sites suffisamment sécurisés ou adaptés pour accueillir leurs oeufs ou assurer la survivance de leur progéniture.

Pour les oiseaux, les conditions qui impliquent les déplacements migratoires sont liés à la saisonnalité des ressources alimentaires.

Ainsi chez nous, quand la lumière et les températures baissent (et parfois bien avant si le cycle de reproduction est abouti, cf martinets noirs), les oiseaux partent vers de nouveaux horizons nourriciers. Les bergeronnettes grises nichant dans le nord de l’Europe ont beaucoup de difficultés à trouver leurs ressources alimentaires en hiver. Elles sont donc contraintes à rejoindre le sud de l’Europe.

Les aptitudes à la migration sont chez la plupart des oiseaux une compétence d’ordre génétique. Les espèces de Belgique qui ne migrent presque pas (elles sont donc presque complètement sédentaires dans ce cas) sont : les pics, les sittelles, les grimpereaux, certaines mésanges, les perdrix, les tétras lyre, les moineaux domestiques.

La plupart des oiseaux présents chez nous et qui ont besoin de migrer, le font de nuit. Ce sont soit les radars des militaires ou bien des radars météo qui captent les déplacements ou encore via les systèmes de bioacoustique des ornithologues (parabole+micro+enregistreur) qui intègrent les cris des espèces qui sont ensuite analysés par des sonogrammes. En France, 3/4 des flux migratoires sont nocturnes.

Mais pourquoi voyager la nuit?

Gain de temps : voler la nuit permet de bien avancer vers son objectif et offre plus de temps pour s’alimenter le jour afin de reprendre des forces tout en s’accordant de brefs moments de repos.

Economie d’énergie : lors des vols nocturnes, les turbulences verticales sont moins fréquentes puisque les écarts de températures de l’air sont moins importantes. De même, les vents horizontaux sont moins puissants. Comme les températures sont moins fortes, il y a moins de pertes hydriques, ce qui limite les risques de déshydratation.

Une grande majorité des passereaux insectivores, mais aussi les cailles, râles, foulques, alouettes des champs, grives, traquets, canards, grues, oies et beaucoup de limicoles voyagent de nuit. Les attaques dues par des prédateurs sont moins probables également.

Vols de jour : il est plus facile de trouver une halte dans un site favorable. Les hirondelles, pipits et bergeronnettes ainsi que les grands planeurs (rapaces et cigognes utilisant les courants ascendants), migrent de jour.

Vols en formation : procurent un avantage face à la résistance de l’air en profitant de la poussée d’air provoquée par l’oiseau placé juste devant (grues, canards, oies,…).

Nous avons pu observer ou entendre lors de cette matinée : (merci d’avance de compléter cette liste si vous constatez un oubli)

Plusieurs vols d’alouettes des champs (50 individus), 2 milans royaux, bergeronnettes grises, 1 ? bergeronnette des ruisseaux, 1 buse variable, 2 vols de vanneaux huppés, 1 pic noir, étourneaux sansonnets, 2 pigeons colombin, 4 pigeons ramier, 1 alouette lulu, et posé au sol et longuement observé un traquet motteux (insectivore) en route vers l’Afrique.

En chemin, dans une culture de sapin de Noël, Aurélien nous invite à découvrir trois plantes originales pour la région : le gnaphale blanc jaunâtre (Gnaphalium luteoalbum), dont les fleurs jaunâtres portent des stigmates rougeâtres, la morelle noire (Solanum nigrum) de la famille des pommes de terre et des tomates (Solanacées) et la Corrigiole des rives (Corregiola litoralis), dont les fleurs aux 5 pétales blancs se disposent en glomérules terminaux. La présence de cette dernière espèce est rarissime pour ce district botanique de l’Ardenne. Comme son nom l’indique, elle vit normalement le long des rives aux sables et graviers siliceux. Elle est ici probablement introduite, suite à des déplacements de terres (mise en semis en potées avant transplantations des jeunes épicéas ?).

Pique-nique sur des tables confortables, le tout sous un agréable soleil. Puis, en route pour une balade de 3,5 km dans la réserve naturelle de Orti avec son sentier artistique. Zone humide remodelée par le castor, qui offre notamment refuge à de nombreuses espèces d’oiseaux. Une partie du site a été déboisée de ses épicéas. Nous avons pu constater sur cette zone une gestion par des bovidés. Beaucoup de joncs y poussent, signe d’un sol tassé et donc peu oxygéné. Nous suivons le tracé d’un ancien vicinal, passons sur un petit pont, démoli puis reconstruit après la guerre 40-45.

Fin de journée avec le verre de l’amitié, partages de souvenirs dans une brasserie toute proche. Merci Aurélien, qui comme à chaque fois, sait susciter un intérêt sans cesse renouvelé alliant avec la découverte de petits coins charmants du pays de Bastogne!