Prélude à la gestion principale: le 9 août, inspection minutieuse par Eli et Michel au départ du gué formant la confluence entre le ruisseau de Mont-le-Soie et le Ru du Ponceau. Remontée le long des berges et des parcelles situées en aval de la tourbière haute. Aucune balsamine de l’Himalaya. Bonne nouvelle! Il est donc décidé d’organiser la gestion du lendemain avec les volontaires dés la partie basse de la tourbière haute et de faire de même : remonter chaque bord du ru afin de localiser les premières invasives. Ce sera le cas à mi-hauteur du territoire. Là, le groupe de 5 personnes se divise, le déplacement se réparti selon les quantités de plantes à enlever ou des difficultés liées de déplacement en mode « tout terrain ».
Nous remontons progressivement, sans hâte, observons les magnifiques plans d’eau formés le long du ru par les 8 barrages de castors. Isabelle repère une balsa sur un de ces barrages et part à sa « cueillette ». Opération réussie! Rien ne peut nous échapper ;-). Lentement mais sûrement ce ne sont pas moins de 1959 balsamines qui ont été arrachées dans cette partie de la tourbière ! Sur la barrage supérieur comme en 2024, 2 plants de Mimulus guttatus sont arrachés! Cette espèce est aussi une invasive d’origine nord amériacine. Temps de midi au gué du Ponceau. Agréable rencontre avec Steven, un habitant du village qui se propose à venir renforcer l’équipe pour arracher les balsamines et recenser des papillons. Chaque geste compte et peut vraiment aider à une meilleure compréhension de cet écosystème. Bienvenue Steven!
Après la pose nous partons sur une petite parcelle (ancienne coupe à blanc) donc la mise en lumière en 2022-2023 a permit à la banque des graines de balsamines de littéralement exploser au grand jour. En 2023 : 5217 balsa arrachées. En 2024 : 3850. En 2025 : 1104 ! Comme le travail devient plus rapide puisque la population diminue, nous allons plus haut, comme en 2024, au-delà du gué et nous dirigeons à la gauche du Chemin des Ecoliers vers ce que nous appelons « La Prairie à balsamines ». Là, il y a du travail pour 5 personnes pendant 12 heures! Nous concentrons donc nos efforts le long des berges, sur une largeur de 8 m de part et d’autre, remontant inlassablement le courant. Résultat: 5336 balsa arrachées qui ne propageront pas leur descendance. Youpie! Fin de cette gestion à 15h. Retour paisible à pied à la parcelle aval. Un IMMENSE MERCI à SYLVIE, LOON, ISABELLE et MICHEL pour votre implication rigoureuse et parfois un peu aventureuse au sein de cette magnifique réserve:-) 8261 est le chiffre du jour! Note: les balsamines ne sont pas en graines (ou très peu d’individus) en ce moment de la gestion. En effet dans ce fond de vallée, il y fait plus froid, ce qui nous permet de travailler en août alors qu’ailleurs les gestions de ce type se font en juillet.
Et ce n’est pas fini: devant l’ampleur du travail et surtout la motivation à atteindre l’objectif de « Zéro balsamines en 2030 » sur ce secteur :
Sept jours plus tard, rebelote à « La Prairie » à 3 personnes cette fois, pour la poursuite du travail en amont jusqu’aux premières prairies à vaches en passant par le sous bois. Résultat: plus de 9000 balsamines arrachées en 5h de travail! Il est clair qu’en tant que conservatrice de la réserve – comme nous ne pouvons malheureusement pas bénéficier du soutien du Contrat de Rivière Ourthe-Amblèce pour cause notamment de restrictions budgétaires et déjà tellement de travail, il faut se débrouiller autrement. Je vais cet automne aller à la rencontre d’autres habitants de Logbiermé afin de leur expliquer la problématique pour l’écosystème à protéger. Si ils souhaitent d’une manière ou d’une autre s’y engager, nous serons renforcés dans la capacité d’éradication de cette espèce végétale indésirable et ce, sur tout le cours du Ru du Ponceau jusqu’à la première balsamine en amont ! C’est le seul moyen pour en être quitte dans quelques années. Je pense qu’il sera possible de motiver quelques personnes car ils peuvent en comprendre les enjeux. De part mon expérience, ailleurs le long des routes, dans les villages, j’ai pu observer que si on intervient très tôt c’est-à-dire dès la naissance d’un bouquet d’une dizaine de balsamines par ex, cette plante est facile à contrôler. On peut donc aisément empêcher son expansion affolante. La surveillance et l’arrachage doit se faire partout, y compris sur les terrains éloignés des ruisseaux ou des rivières. Nous avons une part de responsabilité dans le fait de ne rien faire. Même si ces espèces sont belles et attrayantes à nos yeux, il faut se raisonner et penser à la survie des espèces indigènes qui n’ont aucun moyen de résister face à des espèces végétales ou animales que nous avons nous, les humains, introduites sans en soupçonner les conséquences, et qui s’avèrent avoir une incidence désastreuse des dizaines d’années plus tard. Ce n’est pas pour rien qu’elles sont définies comme ENVAHISSANTES! Prévenir, vaut mieux que guérir! C’est vraiment cet adage qui doit nous motiver. Bienvenue à chacun pour la prochaine gestion en 2026! Mais aussi autour de chez vous;-).